dimanche 3 juin 2018

La première pierre d’une autre université: penser, refonder, bâtir


A celles et ceux qui se préoccupent de rendre de la conscience à leur vie, qui n’en peuvent plus depuis 30 ans des réformes mortifères, de la compétition à outrance comme idéologie, seule créatrice de richesse, de la destruction de la culture, du rabougrissement des savoirs, nous lançons un appel à bâtir les nouvelles universités que l’État refuse de créer !
 C’est à Vincennes, ce samedi 2 juin 2018 à 17h (Lac Daumesnil), que nous poserons la première pierre de l’Université en refondation et appellerons à lancer autant de chantiers que nécessaire partout en France.

Inauguration de l'université expérimentale-Vincennes-2 juin 2018 from Maillard Pascal on Vimeo.

vendredi 1 juin 2018

Motion de l’AG des personnels du 31 mai 2018



Les personnels mobilisé.e.s de l’UPVM3, réuni.e.s en assemblée générale le jeudi 31 mai 2018,
  • demandent à ce que les informations relatives à Parcoursup à l’UPVM3 soient communiquées à la communauté : augmentation ou non de la donnée d’appel par filière ; critères de classement des dossiers par filière ; résultats régulièrement actualisés de la plateforme Parcoursup pour notre université et par filière;
  • dénoncent la remise en cause de l’autonomie pédagogique des départements de l’UPVM3 auxquels la direction de l’université a refusé l’augmentation de la donnée d’appel et/ou auxquels la direction de l’université s’est substituée pour classer les dossiers;
  • soulignent les effets négatifs de la dématérialisation des évaluations de fin de semestre et de seconde évaluation, aussi bien sur les conditions de travail des collègues que sur les conditions de passation des examens pour les étudiant.e.s, et annoncent le lancement prochain d’une enquête d’(in)satisfaction auprès de la communauté sur le sujet ;
  • apportent leur soutien aux départements de Paris 1 et Paris 3 mis sous tutelle par le ministère dans le cadre de la procédure Parcoursup, aux collègues précaires de Nanterre qui poursuivent leur grève des notes, et aux lycéen.ne.s et aux familles de lycéen.ne.s qui ont saisi le défenseur des droits contre les atteintes aux droits lors de l’intervention policière contre l’occupation du Lycée Arago de Paris ;
  • condamnent les arrêtés d’exclusion prononcés à l’encontre de deux syndicalistes étudiants de l'UPVM3 et les intimidations à l’encontre de personnels qui participent ou ont participé à la mobilisation, qui constituent des atteintes aux droits syndicaux et à la liberté d’expression des personnels.

mercredi 30 mai 2018

AG des personnels

Alors que les résultats de Parcoursup parviennent aux lycéens depuis mardi dernier 22 mai, les personnels mobilisés appellent tous les personnels à participer à l'assemblée générale des personnels de l'Université Paul-Valéry Montpellier 3, soutenue par les organisations syndicales CGT des universités de Montpellier et Sud Education.


Jeudi 31 mai 2018 à 12h,
salle Camproux


Ordre du jour:
1. Parcoursup: point sur la situation nationale
2. Parcoursup: point sur la situation locale
3. Droits des personnels et droits syndicaux à l'Université Paul-Valéry Montpellier 3

Pétition

Occupation du lycée Arago, nous, parents, citoyen.ne.s, saisissons le défenseur des droits

par un collectif de parents 

Monsieur le défenseur des droits,
C’est en tant que citoyen.ne.s et/ou parents que nous vous saisissons officiellement au nom de ce qui nous apparaît comme une grave atteinte aux droits humains.
Le mardi 22 mai, en marge de la manifestation pour la défense des services publics, quelques lycéen.ne.s, étudiant.e.s, et militant.e.s ont décidé de prolonger la mobilisation par une discussion en Assemblée Générale dans le lycée Arago. Ils et elles sont entré.e.s dans les lieux sans autorisation, accompagné.e.s de quelques photojournalistes. Quelques instants plus tard les forces de l’ordre sont intervenues pour les en déloger au nom de l’illégalité de l’intrusion.
Des images tournées par les journalistes présents témoignent d’un usage disproportionné de de la violence malgré le caractère pacifique de la réunion ; elles montrent également l’absence de résistance des participant.e.s.
Surtout, les jeunes arrêtés ont été parqués plusieurs heures de suite dans des cars sans aucune information, nourriture, boisson ni même lumière, avant d’être répartis dans plusieurs commissariats pour des mises en garde à vue. Parmi eux, 40 mineur.e.s et 88 majeur.e.s dont certain.e.s sont nos enfants, et dont nous n’avons eu aucune nouvelles avant le lendemain, jour de défèrement devant le TGI de Paris.
Un photojournaliste appartenant au collectif La Meute a par ailleurs subi un prolongement de sa garde à vue par une nuit au dépôt (de la prison !). L’affaire se solde par quelques rappels à la loi, des classements sans suite, des convocations ultérieures et 13 mises en examen de mineurs, à quelques jours du début du Baccalauréat.
Outre les irrégularités de procédure c’est aussi l’usage disproportionné de la force et de
L’intimidation qui fait aujourd’hui l’objet de votre saisine.
Monsieur le défenseur des droits, les jeunes ont-ils encore le droit dans ce pays de manifester leur colère et de s’assembler pour discuter sans subir une répression disproportionnée sous forme de punition collective ?  Est-il conforme aux droits humains de priver des jeunes de tout contact avec leurs familles ? La répression serait-elle devenue l’unique rempart contre une jeunesse affirmant son appétit de démocratie ?
Nous considérons qu’il s’agit-là de maltraitance caractérisée dont les effets sur la socialisation politique de la jeunesse pourraient être délétères. Plus que jamais, nous affirmons notre soif de calme et d’humanité ; et, plus encore, nous refusons que les droits de nos enfants, étudiant.e.s, élèves, soient à ce point bafoué.e.s.  lire la suite et signer la pétition

publié dans Libération et Mediapart

à lire aussi

Ces 48 heures où la France a placé ses jeunes en garde à vue

Le 22 mai, les forces de l’ordre intervenaient au lycée Arago, à Paris, brièvement occupé par plusieurs dizaines de jeunes, et procédaient à 102 interpellations. Julien*, le frère de notre collaborateur Thomas Deslogis, en faisait partie. lire tout l'article

 


 

Lycée Arago 22 mai 2018

« Une stratégie d’intimidation contre ceux qui protestent contre Parcoursup »

par et   Mediapart

[...]Séverine Lemasson a reçu un SMS de sa fille de 16 ans, lycéenne en première L dans un établissement du nord-est parisien. Celle-ci lui signalait qu’elle participait à l’occupation du lycée Arago. « Nous étions très inquiets, on lui a donné pour ordre de surtout ne pas opposer de résistance, de sortir quand elle le pourrait. » Ce qui n’a pas été possible. Un peu plus tard, la jeune fille écrit de nouveau à ses parents pour les avertir qu’elle a été arrêtée mais qu’elle va bien. « Nous avons été prévenus de son placement en garde à vue à 2 h 50 du matin. » Dans la foulée, à la première heure, ils sollicitent les services d’un avocat.

Mercredi matin, les parents n’avaient toujours pas vu leur fille puis apprennent qu’elle est au TGI des Batignolles et qu’ils doivent s’y présenter à 9 heures jeudi matin.
Séverine n’en revient pas. « Nous sommes très surpris par l’ampleur de la procédure par rapport aux faits reprochés. On a fait confiance à l’État et on a l’impression que la réponse est disproportionnée. Quand on sait que la police et la justice sont débordées, mobiliser autant de forces de polices pour cent adolescents, c’est surréaliste. » Son époux abonde dans le même sens : « Je pense que la procédure est politique plus que judiciaire. Nous, on a l’impression que nos droits de parents n’ont pas été respectés. On n’a rien fait pour nous.  »
Lire ici l’intégralité de l’article. 

La main de la ZAD, les fourgons d’Arago, et l’arc d’extrême-droite

  par Frédéric Lordon

 

 

 

 

 

 

 

  [...] La loi « Asile et immigration », encouragée. La répression des aides aux migrants, encouragée. Les évacuations brutales des universités, encouragées. L’extension sans limite des prérogatives policières contre les manifestants politiques, encouragée. L’entrave générale et systématique à toute forme d’information qui ne soit pas d’accord tacite ou d’humide complaisance, encouragée. L’évocation d’une possible suspension du droit de manifester, encouragée.
Mais la liste des encouragements indéfinis commence à se faire lourde, maladroite, et surtout visible. On entend bien, par exemple, que, le naufrage de Parcoursup promettant de lever les lycéens, il importait de faire aussi vite que possible un exemple : terroriser soixante mineurs, capturés lors de l’occupation du lycée Arago, en leur infligeant gardes à vue jusqu’à 48 heures, défèrements et comparutions immédiates est certainement la chose à faire dans la logique de « l’arc » qui, du reste, ne connaît plus d’autre réponse en ce genre de circonstance – et même si mettre aux cent coups des parents parisiens bourgeois, électeurs de deuxième tour d’Emmanuel Macron à 90% apparaît comme une idée étrange. lire tout l'article  dans Lundimatin#147  29 mai 2018

dimanche 27 mai 2018

Construisons de nouvelles universités! transformons le monde en un campus global !

"Nous avons besoin de l'énergie des jeunes pour trouver les solutions aux différentes crises de notre époque..".
par François Taddei

jeudi 24 mai 2018

Tous ensemble le 26 mai dans la rue 10h30 au Peyrou à Montpellier!

AC !
Alternative et autogestion
Alternative Libertaire
APEIS
Association Nationale des Elu.e.s
Communistes et Républicains
Attac
Climat social
Collectif des Associations Citoyennes
Collectif National pour les Droits des
Femmes
Collectif La Fête à Macron
Confédération Générale du Travail
Coordination nationale de défense des
hôpitaux et maternités de proximité
Convergence nationale de défense des
services publics
DIDF
DIEM25
Droit au Logement
Ecologie sociale
Europe Ecologie Les Verts
Les Effronté.es
Ensemble !
Femmes Egalité
Fondation Copernic
France Insoumise
Gauche Démocratique et Sociale
Génération.s
MJCF
Mouvement de la Paix
Mouvement Ecolo
Mouvement National des Chômeurs et
Précaires
Nouvelle Donne
Nouveau Parti Anticapitaliste
Parti Communiste Français
Parti de Gauche
Parti Ouvrier Indépendant Démocratique
PCOF
PCRF
République et Socialisme
Résistance Sociale
Snesup-FSU
Solidaires
Syndicat des Avocats de France
Syndicat de la Magistrature
UEC
UNEF
Union Nationale Lycéenne
UNL-SD

Un constat s’impose, Emmanuel Macron, son gouvernement  et  le  Medef  sont  décidés  à  imposer  coûte  que  coûte  une  restructuration  en  profondeur  de  la  société  française  :  politique  d’austérité,  destruction  des  droits des salarié.es, introduction de la sélection à l’entrée de l’université, casse des services publics, aggravation du sort  des  sans  emplois,  réorganisation  aggravant  les  inégalités en matière d’accès à la justice, réforme fiscale favorable  aux  plus  riches,  loi  répressive  contre  les  migrant e s.
Priorité  donnée  au  secret  des  affaires  contre  le  droit  à  l’information,  introduction  de  l’état  d’urgence  dans  le  droit commun, répression des mouvements sociaux et des jeunes  des  quartiers  populaires,  utilisation  de  l’égalité  femmes-hommes  comme  simple  outil  de  communication,  sans moyens financiers, alors que les femmes sont les premières concernées par les régressions sociales... sans oublier  une  politique  militariste  au  niveau  international.  La  multiplication  des  mesures  prises  avec  brutalité  sur  tous  les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération
et espérer ainsi empêcher toute riposte. Le patronat profite de la situation pour multiplier les destructurations et rester sourd aux revendications du monde du travail. En s’en prenant aux personnels à statut, en particulier aux cheminot e s.
 Emmanuel  Macron  espère,  s’il  l’emporte,  casser  tout  esprit de résistance.
Ce  coup  de  force  peut  échouer,  car  les  mobilisations  se  multiplient dans le pays, chacune avec sa spécificité : journée  nationale  d’action,  grèves,  occupation  d’universités,  manifestations...  Il  appartient  évidemment  aux  organisations syndicales de décider, avec les personnels concernés, de leurs formes d’action. Chacune d’entre elles a, a priori, des ressorts différents, mais au-delà de tel ou tel aspect, ce dont il est question concerne la nature même de la société dans laquelle nous voulons vivre. Voulons-nous vivre dans une société où les droits sociaux seraient réduits à néant, où les services publics et la sécurité sociale auraient disparu,  où  l’inégalité  de  traitement  des  territoires  serait  la  règle, où l’accès à l’université serait de plus en plus réduit, où  les  lanceuses  et  lanceurs  d’alerte  et  journalistes  seraient bâillonnés, où les défis écologiques seraient soumis aux intérêts de la finance, où le logement, les HLM et les locataires   seraient   marchandises,  où  la    lutte    contre  les  discriminations   se    réduit   à  des  discours  ? Ou,  au  contraire,  voulons-nous une  société  plus  juste,   plus   solidaire,    plus    démocratique,   plus   égalitaire avec un meilleur   partage   des   richesses   ?  
Tel est l’enjeu.
Le  gouvernement  espère  que  ces  mobilisations  sectorielles  restent  isolées  et  qu’il  pourra  les 
défaire  les  unes  après  les  autres  en tenant bon, en les laissant s’épuiser ou en les réprimant. Affichant sa détermination,  il  espère  ainsi  nous  décourager.  Il  se  trompe,  comme le montre la multiplication des collectifs citoyens en lien avec les salarié.es, les retraité.es et les étudiant.es
ainsi que le succès de la solidarité aux grévistes, notamment à ceux de la SNCF. Il s’agit maintenant d’aller plus loin  et,  toutes  et  tous  ensemble,  d’affirmer  dans  la  rue  que des alternatives existent, que nous ne nous résignons pas au sort que nous promet ce gouvernement. Il fait la sourde oreille, il faut le forcer à nous entendre et à retirer ses projets.
Dans le respect de nos champs d’interventions respectifs, nous voulons aller au-delà de toutes les mobilisations positives qui existent déjà et rassembler toutes les forces sociales,  syndicales,  associatives,  politiques  pour  construire   et réussir ensemble un grand rendez-vous citoyen. Partout en  France  organisons  le  samedi  26  mai  une  marée  populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.
Pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité

"Parcoursupercherie."

La «violence institutionnelle» de Parcoursup déstabilise les lycéens
24 mai 2018 Par Faïza Zerouala MEDIAPART

Les élèves de Terminale ont reçu le 22 mai les premières réponses des établissements d'enseignement supérieur concernant leur orientation post-bac. C'est le baptême du feu de Parcoursup, la nouvelle plateforme.
Résultat : la moitié des 810 000 candidats sont en attente.
Mediapart a suivi le parcours de quatre d’entre eux cette année. Ils décryptent leurs réponses reçues et doivent eux aussi faire preuve de patience, non sans un certain stress.
Étonnamment, avant le verdict, aucun des quatre élèves de Terminale que Mediapart suit depuis le début de la procédure d’admission post-bac n’était stressé (les articles qui leur ont été consacrés sont à relire ici et là). Le 22 mai, à 18 heures tapantes, ces lycéens ont tous essayé de se connecter sur la plateforme Parcoursup. Bien entendu, le site était inaccessible en raison d’une surcharge de trafic (prévisible) qui a duré une petite heure. Résultat pour notre panel : quelques désillusions, un peu d’attente, des stratégies à échafauder et une affectation d’ores et déjà satisfaite.
La ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait prévenu : près de la moitié des 810 000 candidats qui ont formulé dix vœux sur Parcoursup seront en attente, d’après des prévisions qui se sont révélées justes. Environ 436 000 candidats, soit plus de la moitié des lycéens de Terminale et étudiants en réorientation inscrits, ont reçu au moins une proposition dès le premier soir, selon les chiffres avancés par la ministre. 63 000 avaient dans le même temps accepté une proposition. « Avant les résultats du baccalauréat, plus des deux tiers des candidats auront reçu une ou plusieurs propositions d’admission », assure encore Frédérique Vidal dans un communiqué.
Malgré toutes ces tentatives de rassurer les jeunes, pléthore de lycéens se sont épanchés de leur détresse sur Twitter, oscillant entre humour noir et réelle désillusion. Le mot-dièse #Parcoursup ayant été l’un des plus commentés sur le réseau social. D’autres ont entrepris de recenser les bugs du système sur un site baptisé Parcoursupercherie.
Les deux principales organisations étudiantes, la Fage et l’Unef, ont lancé de leur côté des sites d’assistance pour épauler et aiguiller les futurs naufragés de Parcoursup. Le gouvernement s’échine de son côté à faire œuvre de pédagogie et diffuse des tutoriels vidéo pour expliquer aux jeunes comment faire leurs choix définitifs.
Nawell Aissaoui est en Terminale littéraire à Saint-Omer, dans le Nord. Après quelques hésitations, elle s’est positionnée sur son orientation post-bac. Elle fera du théâtre en parallèle de son cursus en licence LLCE (langues, littératures et civilisations étrangères) d’anglais. Puis elle entend passer le Capes et devenir professeure.
Ses rêves de journalisme sont, pour le moment, laissés en suspens. La jeune fille a 12 de moyenne générale et quelques points de plus en langues, son point fort. Pour assurer ses arrières, elle s’était aussi inscrite en Langues étrangères appliquées (LEA) même si cette filière lui déplaît, notamment à cause des cours de mathématiques, de droit ou de gestion qu'elle inclut.
lire tout l'article dans Mediapart

vendredi 18 mai 2018

Appel à la manifestation du 22 mai pour la défense du service public

APPEL DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DES PERSONNELS MOBILISÉS DE L'UNIVERSITÉ PAUL-VALÉRY

L'assemblée générale des personnels mobilisés de l'université Paul-Valéry, soutenue par la C.G.T. des universités de Montpellier et Sud Éducation-Solidaires, s'est réunie ce mercredi 16 mai 2018.

Elle demande le retrait de la loi ORE et la suppression de Parcoursup.

Elle réaffirme son soutien à la mobilisation des étudiants et des enseignants du secondaire.

Concernant les examens, elle refuse tout recours aux examens à distance, mais également que les examens soient délocalisés.
Elle demande la publication des algorithmes et des critères retenus dans les départements de l'université Paul-Valéry.
Elle refuse et condamne la criminalisation des personnels qui se mobilisent pour défendre leur travail et des étudiants qui se mobilisent pour défendre leurs conditions d'études et l'accès à l'université pour toutes et à tous.

Elle soutient Abidjahel, étudiant de Paul-Valéry qui a été arrêté lors de la rafle du 16 avril au Carrefour City et qui passera en procès le 28 mai et vous invite à participer à la cagnotte qui a été ouverte sur Leetchi : https://www.leetchi.com/c/liberta-for-abi

Elle propose également d'aller rencontrer la population pour l'informer de la mobilisation dans les lycées et les universités à travers diverses actions (débats, diffusion de film, tractage, etc.).

Elle appelle à la manifestation du 22 mai
pour défendre plus que jamais
les services publics
et les moyens pour assurer ses missions.

jeudi 17 mai 2018

« Mes enfants l’heure est grave : il va falloir faire des économies ».

La faillibilité comme mode de gouvernement des universités 

par Jérémy Sinigaglia, "Actes de la Recherche en Sciences Sociales", 2018/1
Dans le droit pénal des peuples les plus civilisés, le meurtre est universellement regardé comme le plus grand des crimes. Cependant une crise économique, un coup de bourse, une faillite même peuvent désorganiser beaucoup plus gravement le corps social qu’un homicide isolé.
                                                            Émile Durkheim, De la division du travail social, 1893                                                    


lire tout l'article  dans   Sauvons l'université !


mercredi 16 mai 2018

Pour un autre enseignement du français

le collectif "Lettresvives" propose une autre pédagogie face au propos méprisant du Ministère

par Catherine Chabrun, blog de Mediapart



La langue française et son enseignement soulèvent les passions et déclenchent d’éternelles polémiques. Il est convenu d’en déplorer le déclin, prélude à une inéluctable extinction. Certains font même profession de souffler sur les braises, martelant sans relâche quelques prétendues évidences : l’orthographe des petits Français est aujourd’hui un désastre, l’illettrisme touche un élève sur trois, les jeunes ne possèdent tout au plus que quelques dizaines de mots de vocabulaire… Il n’y a pas à chercher bien loin le coupable de cette débâcle « civilisationnelle » : c’est l’école et ses enseignant.e.s qui n’apprennent désormais plus ni à lire ni à écrire ! Littérateurs, pamphlétaires ou responsables politiques se bousculent pour prophétiser ce naufrage – avec d’autant plus de « conviction » qu’il leur assure visibilité médiatique et promesse de juteux succès éditoriaux… ou électoraux.

Paroles d’élèves, pratiques de profs

C’est cependant une autre réalité que nous vivons, celle du quotidien des heures de cours, celle de notre expérience de praticiens et de praticiennes de l’enseignement du français, de la maternelle à l’Université. C’est d’abord la curiosité des élèves, leur finesse, leur capacité à se mettre à la place de l’autre qui nous interpellent et que nous voudrions partager et souligner [2]. Ce sont des paroles sur le cours, sur la littérature ; des paroles sur la culture, leurs cultures ; des paroles sur la vie, le monde, la société, sur l’histoire… pour qui veut bien les accueillir. À la manière des auteur.e.s qu’ils côtoient – avec ou sans nous –, les élèves savent faire rire, faire réfléchir, émouvoir, interroger, bousculer, etc.
La langue est un objet vivant, une réinvention permanente de nous-mêmes et de notre relation à l’autre et au monde. Son enseignement ne se réduit pas à une visée utilitaire [3] ou testamentaire.
 

lire tout l'article

mardi 15 mai 2018

Mercredi 16 mai : nouvelle journée de grève et de mobilisation contre la loi ORE

Dans le cadre de l’appel de la Coordination nationale des universités du 5 mai , les personnels mobilisés appellent tous les personnels à participer à l’assemblée générale des personnels de l’université Paul-Valéry Montpellier 3, soutenue par les organisations syndicales C.G.T. des universités de Montpellier et Sud Éducation-Solidaires, 

mercredi 16 mai 2018 à 10h,
parvis des amphis ABC.


Ordre du jour :
1. Point sur la mobilisation nationale
2. Point sur la mobilisation et la situation locale 
3. Point sur la remontée des commissions d'examens des dossiers Parcoursup
4. Revendications des personnels et perspectives
5. Exercice des droits individuels et syndicaux à l’université Paul-Valéry Montpellier 3


Une assemblée générale interfacs et lycées aura également lieu à 16h en amphi 5.06 du campus Triolet (fac des Sciences).

vendredi 11 mai 2018

Les étudiants anglais en soutien au mouvement contre la réforme



Voici une vidéo tournée par les étudiants anglais qui résistent à la privatisation des universités. Ils ont tourné cette vidéo par solidarité avec les universitaires engagés contre la réforme ORE. Un clair aperçu  de l'avenir qui se prépare derrière ces réformes...

mercredi 9 mai 2018

Parcoursup et les algorithmes


Information syndicale

Nos organisations syndicales vous proposent une heure d'information syndicale
 lundi prochain 14 mai à 13h.
Face au refus de la Présidence de l'U.P.V. de mettre une salle à notre disposition, ainsi que la C.G.T. des universités de Montpellier l'a demandé par écrit 10 jours à l'avance, nous nous retrouverons sur le parvis des amphis.

Points à l'ordre du jour :

  1. Libertés individuelles et droits des personnels à l'U.P.V.
  2. Résister à Parcoursup à l'U.P.V.

La C.G.T. des universités de Montpellier et Sud Éducation 34

dimanche 6 mai 2018

L’Université en danger : la situation est grave ! Appel de la Coordination nationale des universités (5 mai 2018)

La Coordination nationale des universités, réunie à Paris le samedi 5 mai 2018, a rassemblé des représentant.e.s de 38 établissements de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
La CNU appelle à la grève illimitée jusqu’au retrait de la loi ORE, à l’arrêt de la répression policière dans les universités et à la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour la rentrée 2018.

Lire la suite de l'appel

La CNU soutient : 
- la journée nationale de mobilisations dans l’éducation et l’enseignement supérieur le 16 mai
- la journée nationale de mobilisations et de grève dans la Fonction publique le 22 mai.

samedi 5 mai 2018

Suivons en direct la manif de Paris!

Toutes les mobilisations convergent dans la joie et la détermination... un élan collectif incroyable!
C'est en ce moment ...

Aujourd'hui 5 mai nous cherchons ce qui nous rassemble

"Concurrence concurrence concurrence, mais pour quel avenir commun, pour quel bonheur ensemble?
Notre destin commun réduit à de la technique!... Nous cherchons ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous sépare, un désir joyeux d'autre chose et c'est ça qui peut faire sauter le couvercle qui pèse sur nos vies...Ce n'est pas un point d'arrivé, c'est un point de départ" (François Ruffin)


vendredi 4 mai 2018

150 000 étudiants de plus en 2026

Voilà de quoi donner des sueurs froides aux personnels universitaires en train de s’arracher les cheveux sur la mise en oeuvre de ParcourSup ! Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation vient en effet de publier les projections des effectifs dans l’enseignement supérieur d’ici à 2026. La leçon principale de l’exercice, c’est que les universités doivent se préparer, malgré la difficulté de la situation actuelle, à accueillir un nombre fortement croissant d’étudiants dans les années à venir.
par Xavier Molénat

mercredi 2 mai 2018

Jeudi 3 mai : Manifestation unitaire Enseignement secondaire/Enseignement supérieur

Dans le cadre des mobilisations en cours :

  • pour l'abrogation de la loi ORE
  • pour le retrait de la réforme du bac
  • pour réaffirmer notre volonté de défendre le service public d'enseignement et de recherche
  • pour donner les moyens nécessaires à une université accessible à tous
  • pour la revalorisation des salaires et la réévaluation du point d'indice
  • pour marquer notre soutien aux autres luttes en cours (S.N.C.F., EPHAD...)
  • pour contribuer à la convergence des luttes

14h - départ comédie

Pourquoi nous refusons le dispositif "Parcoursup", et ce que nous proposons (tribune d'universitaires, Mediapart)

Tandis qu'un certain nombre de voix s'élèvent pour dénoncer la sélection à l'Université, d'autres en font appel au "principe de réalité". Or, que l'on soit totalement, en partie ou pas du tout favorable à la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur, le certain est que la plateforme Parcoursup ne saurait en aucune manière répondre au principe d'une orientation "réussie" des étudiant.e.s.
...
Lire la suite et voir les signataires


Lettre ouverte d'un collègue de Paris-3 en grève administrative après l'intervention de la police de lundi 30 avril

A la suite de l'intervention policière de cette nuit sur le site de Censier de l'université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, je me déclare en grève administrative et pédagogique illimitée.

Je n'assure donc plus dès à présent mes charges administratives (direction du master CAV) et pédagogiques (organisation du partiel de 257 inscrits en V4MA03 et suivi des 14 étudiants de master sous direction, organisation des sessions de rattrapage). Je me concentre dès lors sur mes activités de recherche totalement interrompues depuis 4 ans, c'est-à-dire depuis ma prise de fonction à la tête du master CAV (cf. CV en ligne à jour).

[...]

J'arrête car nous crevons de ne pas arrêter.

La loi ORE et le dispositif ParcourSup ont fini d'épuiser ma bonne volonté et ma conscience professionnelle. L'intervention policière de cette nuit est le geste de trop. J'assiste depuis 14 ans maintenant (et depuis 21 ans si je compte mes années d'études universitaires) à une destruction programmée, lente mais résolue du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche.

[...]

Alexis Blanchet,
MCF Paris-3-Sorbonne-Nouvelle

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Collectif des Personnels Précaires de l'Université Paul-Valéry Montpellier 3

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Collectif des Personnels Précaires de l'Université Paul-Valéry s'est constitué le jeudi 29 mars 2018. Il regroupe des personnels précaires étudiants, enseignants, administratifs et techniques employés par l'université. La création de ce collectif s'inscrit dans le mouvement actuel d'opposition à la loi Vidal (ORE) contre la sélection à l’université et pour une université de service public, ouverte à tou·te·s ; contre la précarité à l’université et pour une augmentation des moyens qui lui sont alloués.
Comme l'a déjà stipulé avant nous le Collectif national des Précaires de l’Enseignement supérieur et de larecherche, les conditions de travail à l’université se dégradent et les étudiant·e·s en pâtissent. Face à cela, le gouvernement ne propose que la sélection comme solution. Au-delà des conséquences directes pour les étudiant·e·s de classes populaires qu’on met en péril et qu’on stigmatise, c’est encore la question des moyens qu’on évite de poser. La loi sur l’autonomie des universités a mis nos facs dans une situation financière déplorable. Le recours aux travailleur·e·s précaires est devenu une condition nécessaire de leurs fonctionnements (en 2013, l'université pouvait fonctionner grâce à 38 % de précaires, cette tendance s'est largement amplifiée). Améliorer l’enseignement à l’Université requiert une augmentation des moyens et non une réduction des effectifs étudiants, ou une précarisation croissante des personnels.

La seule information dont nous disposons sur la question du paiement des vacations est une déclaration le la DGS lors d'une réunion signifiant que seules les heures effectuées seraient payées (qu'il s'agisse d'ailleurs des journées où l'université a été fermée pour intempérie ou lors du blocage de celle-ci). Lors de l'Assemblée Générale des personnels de l'université Paul-Valéry du 4 avril 2018, nous avons donc soumis au vote la motion suivante « Paiement inconditionnel des vacations (administratives et enseignantes) », qui s'est vue adoptée à l'unanimité des présent-e-s.

Cette revendication, la plus urgente, s'est vue accompagnée de la création d'une caisse de grève que l'on peut alimenter à l'adresse suivante : https://www.leetchi.com/c/precaires-upv

Contact : cpp.upv@laposte.net / 06 89 81 79 16

mardi 24 avril 2018

Protestation dans les universités

La surdité du pouvoir mène à l'impasse 

Le Président de la République a réduit le mouvement de contestation dans les universités à l'action d'«agitateurs professionnels» (interview TF1 12 avril) et la Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche s'appuie sur la «légitimité démocratique» de la Loi ORE (interview France Culture 13 avril) pour refuser de modifier Parcoursup.
Pas besoin d'être long pour constater la surdité, l'aveuglement et la mauvaise foi du pouvoir, qui continue à nous conduire dans une impasse.
Des "agitateurs professionnels" les 1600 étudiant·e·s qui ont voté le blocage de Rennes 2 mardi 10 avril? Voilà une profession qui aurait beaucoup recruté ces derniers temps... Et les personnels des universités, administratifs et enseignants qui les soutiennent? Et ces universités entières et cette centaine de départements, dont la liste s'allonge chaque jour, qui votent collectivement le refus de collaborer au dispositif Parcoursup tel qu'il est imposé au prétexte de la loi ORE (relative à l' "orientation et à la réussite des étudiants")? Ils et elles ne comptent pas pour le pouvoir qui ne discute que le symptôme (les blocages des universités) et pas la cause: entre refus massif de sa transformation radicale de l'accès à l'université et simple constat de l'impossibilité matérielle de faire fonctionner Parcoursup.
La Ministre avançait comme argument majeur ce matin les bonnes intentions du gouvernement et la légalité de sa réforme, répétant que le Conseil Supérieur de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER) avait donné un avis favorable. Mais il y a tout ce qu'elle ne dit pas, et qui aurait dû l'alerter beaucoup plus tôt pour (ré) ouvrir la discussion et corriger son dispositif:
  • Vote du Conseil Supérieur de l'Éducation (CSE) sur la loi ORE:
    42 votes contre et 30 pour, jeudi 9 novembre 2017. Refus clairement majoritaire.
  • Avis du CNESER sur la loi ORE:
    35 pour (dont CFDT, Unsa, CPU, Peep), 32 contre (dont FSU, CGT, Unef, Solidaires) et 8 abstentions (dont la Fage), 13 novembre 2017. Accord à une petite majorité toute relative (35 pour sur 75 voix).
  • Vote final de la loi ORE à l’Assemblée nationale:
    49 député·e·s pour et 13 contre (15 présent·e·s effectivement), sur 577, le 15 février 2018. Peut-on appeler ça une majorité?
  • Vote du CSE sur Parcoursup:
    36 voix contre, 0 pour, le 5 mars 2018. Refus total, chose inédite.
  • Vote du CNESER sur Parcoursup:
    34 pour, 32 contre, le 8 mars 2018. Toute petite majorité.
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dimanche 22 avril 2018

Parcoursup : six présidents d’université demandent l’ouverture de négociations

On est encore très loin d’une fronde, mais c’est une prise de position dont le ministère de l’enseignement supérieur se serait sans doute passé. Alors que le mouvement étudiant contre la loi « orientation et réussite des étudiants » (ORE) continue de perturber le fonctionnement d’une quinzaine d’universités en France, dont quatre qui sont totalement bloquées, six présidents d’université appellent le gouvernement à « ouvrir rapidement des négociations avec toutes les parties prenantes ».
lire l'article Le monde Campus  18/4/2018

jeudi 19 avril 2018

"Les étudiant·e·s ont raison de se révolter contre l’ordre de la sélection et de la répression" Tribune de 250 universitaires

  • 18 AVR. 2018
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  • PAR 
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  • BLOG : LE BLOG DE LES INVITÉS DE MEDIAPART
  • 250 universitaires dont Etienne Balibar, Ludivine Bantigny, Stéphane Beaud, Frédéric Lordon, Toni Negri, Judith Revel, Danièle Linhart, Michèle Riot-Sarcey, Alessandro Stella... s'insurgent de la répression à l’œuvre aujourd’hui sur les campus. «Les mêmes arguments ou presque, un demi-siècle après 68, sont resservis, pour faire sonner l’heure de la matraque et discréditer la jeunesse» relèvent-ils. 

    Parcoursup ne reproduit pas les inégalités sociales… il les aggrave


    http://www.liberation.fr/debats/2018/04/17/parcoursup-ne-reproduit-pas-les-inegalites-sociales-il-les-aggrave_1644010
    Par Gilles Dorronsoro, Professeur en sciences politiques, à Paris I Panthéon-Sorbonne, membre de
    l’Institut universitaire de France (http://www.liberation.fr/auteur/4323-gilles-dorronsoro) — 17 avril 2018 à
    17:36 (mis à jour à 17:45)

    Le nouveau mode d’accès à l’université, loin de faciliter l’intégration des classes populaires, élève les barrières économiques. La France manque pourtant de diplômés, et cette sous-qualification explique en partie le chômage des jeunes. Depuis quelques semaines, les blocages de différents sites universitaires se sont faits au nom du refus du nouveau système d’accès à l’université mis en place par le ministère de l’Education, Parcoursup. Ce logiciel, qui permet aux universités de choisir leurs futurs étudiants, a fait l’objet de nombreuses critiques (protection des données, manque de moyens pour les équipes chargées de la sélection, etc.). On sait que l’enseignement supérieur, dans le prolongement de l’école, est déjà différencié, des grandes écoles aux IUT, et l’accès souvent très sélectif, y compris au sein des universités (double licence par exemple).
    Ici, Parcoursup n’innove pas radicalement, mais renforce la capacité des établissements à opérer une sélection sociale des étudiants sans régler le problème de la sous-capacité des filières en forte demande (droit, psychologie, Staps, sociologie, médecine). Parcoursup prend sa place dans un système universitaire sousdimensionné et sous-financé, en voie de privatisation, qui ne reproduit pas les inégalités sociales, mais les aggrave.
    Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas assez d’étudiants en France puisque, malgré une croissance réelle (un doublement entre 1980 et 2015), notre pays manque de diplômés du supérieur. Cette sous-qualification de la main-d’oeuvre est un élément explicatif du chômage des jeunes : un jeune sur deux sans formation est sans emploi contre moins de 10 % à bac plus cinq. Or, les moyens donnés à l’université, qui forme la plupart des diplômés, sont insuffisants, surtout en comparaison avec les classes préparatoires et les grandes écoles (1). La loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) de 2007 s’est traduite par de nouvelles charges pour les universités et une multiplication des statuts précaires. Plus d’un quart des enseignants sont vacataires, payés autour de 40 euros brut l’heure.
    Le récent rapport Villani sur l’intelligence artificielle reconnaît ce problème et la fuite des cerveaux qu’il engendre, et propose d’augmenter le salaire des chercheurs travaillant dans ce secteur, ce qui aurait pour conséquence immédiate une aggravation des inégalités entre secteurs de la recherche. Le retrait de l’Etat prépare mécaniquement une augmentation des droits d’inscription, le prochain chantier du gouvernement.
    On sait que la sélection sociale joue à plein pour l’entrée dans l’enseignement supérieur mais, de plus en plus, une barrière économique écarte les enfants des classes populaires. D’abord, les bourses ne permettent pas à leurs bénéficiaires de vivre - rappelons que le montant maximal (6,5 % des boursiers) est à moins de 6000 euros par an. Parcoursup permet désormais aux établissements de moduler le pourcentage de boursiers qu’ils souhaitent, accentuant ainsi les inégalités entre universités. Quelques institutions prestigieuses mettent en place des programmes Potemkine qui organisent, avec beaucoup de publicité, l’arrivée de quelques «jeunes de banlieue», mais leur nombre réduit ne remet pas en question l’économie du système et exclut les classes moyennes. Ensuite, les droits d’inscription connaissent une dérive accélérée en partie liée à la baisse des financements publics. Ainsi, les masters des grandes écoles coûtent, généralement, entre 5 000 et 10 000 euros par an(jusqu’à 14 000 euros à Sciences-Po Paris) ; le prix de la scolarité dans les écoles de commerce a aussi augmenté ces dernières années. Le prix d’un diplôme à HEC est passé de 27 000 à 45 000 euros de 2009 à 2017. La même logique se retrouve à l’université, et le nouveau master à l’université de Nice à 4 000 euros par an, mis en place par Frédérique Vidal, l’ex-présidente de l’université Nice devenue ministre de l’Enseignement supérieur, laisse peu de doute sur les intentions du gouvernement. L’endettement étudiant, sans atteindre les sommets qu’on connaît aux Etats-Unis, augmente en volume et en nombre. Comment ne pas voir qu’une telle évolution est un facteur d’exclusion ?
    L’organisation de l’éducation aggrave les inégalités sociales dès le primaire, et les écarts initiaux s’accroissent avec, pour conséquence, une quasi-exclusion des classes populaires de l’enseignement supérieur. Ces étudiants disparaissent avec les années pour ne représenter qu’un pourcentage très réduit au niveau du master et du doctorat. Ainsi, 14,6 % des étudiants de licence sont enfants d’employés et 12,7 % enfants d’ouvriers. Ces chiffres tombent respectivement à 9,7 % et 7,8 % en master et à 7 % et 5,2 % en doctorat, alors que ces catégories représentent plus de 50 % de la population active (2).(https://www.inegalites.fr/Les-milieuxpopulaires-largement-sous-representes-dans-l-enseignement-superieur) Parcoursup facilite cette exclusion en autorisant la prise en compte des lettres de motivation, dont on peut penser qu’elles sont plus un reflet des compétences familiales que de celles des candidates et des candidats, la prise en compte de l’histoire scolaire et la pondération des notes en fonction de la filière et du lycée d’origine. Chaque établissement a donc la liberté d’organiser une sélection sociale via des critères disponibles sur Parcoursup.
    On s’achemine donc vers une discrimination accrue des classes populaires, mais aussi des classes moyennes.
    L’aggravation des inégalités, qui n’est pas propre à la France, est à mettre en relation avec la concentration accélérée des richesses. La dernière étude d’Oxfam indique ainsi que si la tendance actuelle se poursuit, ce qui est plus que probable, les deux tiers de la richesse mondiale seront détenus par 1 % de la population en 2030.
    En France, le discours sur la méritocratie scolaire ne sera bientôt plus qu’une idéologie trop en décalage avec la réalité pour produire autre chose qu’une exaspération des exclus et une peur croissante du déclassement. 

    (1) «Inégalités de traitement des étudiants suivant les filières en France», d’Olivier Berné, François Métivier, Sciences en marche, 2015.